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Maestris Sup Newsletter, Février 2010

Edito En cette période hivernale particulièrement froide, nous souhaitons vous apporter un peu de réconfort et de chaleur avec notre newsletter de février. Bonne lecture. Quoi de neuf à Maestris Sup ?
Lyon "Bravo à Chloé, étudiante de première année de BTS VPT qui a réalisé un magnifique projet dans le cadre du concours national "dire non au tourisme sexuel". Sa passion pour le tourisme et sa créativité la mettent en bonne place sur la liste des prétendants au podium. Résultats au mois de mars, lors du salon "Le Monde à Paris". "Le partenariat avec le lycée St Marc se poursuit. Elisabeth et Sophie, étudiantes en 2ème année AGTL accueillent en février des élèves chinois durant une douzaine de jours. Elles passeront bientôt le relais à Camille et Alexandra N., étudiantes de 1ère année AGTL qui poursuivront l'activité internationale avec le lycée. Toutes deux ont été sollicitées pour leur présence charismatique et leur excellent relationnel ; nous souhaitons qu'elles acceptent cette tâche et qu'elles prennent une relève efficace ! Bonne chance à elles !" "28 étudiants ont participé à l'accueil général du salon de l'Etudiant de Lyon qui s'est tenu les 15, 16 et 17 janvier. Engagé depuis 4 ans, ce partenariat avec le groupe l'Etudiant leur permet de pénétrer l'organisation d'un événement d'envergure. 6 étudiantes ont travaillé sur le stand de l'école : Alexandra V., Camille, Chrystel, Clémentine, Mélanie, Sophie ; elles ont durant 3 jours renseigné avec beaucoup de gentillesse et de précision un public plus nombreux que l'an passé sur les formations proposées ; nous les en remercions !" Dossier du mois Créer son propre emploi, la solution anti-chômage ? La France n'a pas besoin d'assistanat (...). Le problème de la France est de travailler plus, pas de travailler moins (...), c'est que chacun, quels que soient son histoire, son parcours, on puisse lui trouver de quoi faire vivre sa famille." Cet appel à se prendre en charge dans un marché du travail sinistré, c'est le président Nicolas Sarkozy qui l'a lancé le 25 janvier sur TF1 en réponse à une question sur les chômeurs en fin de droits. La France comptait, fin 2009, au moins 6 millions de personnes en quête d'une activité pérenne et de revenus stables : 4,349 millions de chômeurs - toutes catégories confondues - et 1,715 million d'allocataires du revenu de solidarité active socle (ex-RMI). En période de crise, l'accès à l'emploi passe souvent par la création d'entreprise, faute d'emploi salarié. Cette piste a été encouragée par l'entrée en vigueur, en 2009, du statut d'auto-entrepreneur, facile à gérer et peu risqué : pas de capital de départ exigé, des charges sociales calculées au prorata du chiffre d'affaires, une activité cumulable avec un emploi salarié, une retraite ou un poste de fonctionnaire, enfin, une inscription réalisée en vingt minutes... Pour compléter ce statut, le gouvernement a présenté, le 27 janvier, en conseil des ministres, un projet de loi créant l'entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL), où les biens personnels des entrepreneurs sont protégés en cas de faillite. Le statut d'auto-entrepreneur a remporté un franc succès, dopant la création d'entreprise en 2009 (+ 75,1 % sur un an), alors que, hors auto-entrepreneur, elle a reculé de 21,5 % après sept années de hausse, selon l'Insee. En 2009, 320 000 auto-entreprises ont ainsi été créées, dont 49 % par d'anciens chômeurs. Des salariés menacés par des plans sociaux tentent aussi de se mettre à leur compte. Des cadres devenus consultants indépendants se rattachent à une société de portage. La création de son propre emploi est-elle une vraie réponse à la crise ou un pis-aller ? A la veille du Salon des entrepreneurs, les 3 et 4 février, le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, a salué le succès de "la création d'entreprise pour tous". "580 200 personnes se sont mises à leur compte !", s'est félicité Jean-Claude Volot, président du conseil de l'Agence pour la création d'entreprise (APCE), lors d'une conférence de presse, le 21 janvier. M. Volot estime qu'"une mutation sociologique est en train de se passer" en faveur de l'entrepreneuriat. Les spécialistes mettent cependant en garde contre un excès d'euphorie. "Le buzz et les incitations autour de la création d'entreprise ont un effet paradoxal, celui de laisser penser que c'est facile. Or, simplifier les démarches administratives, créer le statut d'auto-entrepreneur, proposer des salons dédiés à la création d'entreprise, tout cela est très bien... à condition de prévenir aussi des difficultés, explique Laurent Edel, coach et spécialiste de la création d'entreprise. On peut créer une entreprise en trois clics, mais il est toujours aussi difficile de trouver le bon positionnement, de vendre, de fidéliser ses clients, de se sentir bien, d'accepter l'échec, etc." A chacun de bien analyser sa motivation et son projet. "Par exemple, certains salariés ont fui le stress, la pression ou des conditions de travail insupportables", mais créer leur propre emploi leur poserait plus de difficultés que de rechercher un meilleur poste : "On ne peut pas créer une entreprise sans une énergie et une envie constructive. Ce ne doit pas être un choix par défaut", souligne M. Edel. L'engouement pour l'auto-entrepreneuriat se reflète dans le nombre d'entreprises créées, mais moins dans l'activité produite. 45 % seulement des auto-entrepreneurs avaient déclaré un chiffre d'affaires en 2009, évalué par l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) à 499 millions d'euros au titre des trois premiers trimestres. Pour l'ensemble de l'année 2009, M. Novelli attend un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros. "Mais pour 51 % des auto-entrepreneurs, il s'agit d'un complément de revenu ou d'une activité test", indique François Hurel, président de l'Union des auto-entrepreneurs (UAE). Brigitte Pecout, ex-informaticienne à Toulouse, témoigne : "Après un an de formation, ce statut me convient parfaitement pour tester ma reconversion d'esthéticienne à domicile. Mais c'est seulement si l'activité se développe que j'envisagerai d'ouvrir un salon." Agé en moyenne de 44 ans, l'auto-entrepreneur, qui a majoritairement choisi les services aux particuliers et aux entreprises, a gagné en moyenne 775 euros net par mois en 2009. Michel Villette, professeur de sociologie à AgroParisTech et chercheur associé au Centre Maurice-Halbwachs de l'Ecole normale supérieure, voit dans ces résultats des raisons d'être sceptique : "La plupart des auto-entrepreneurs le sont par défaut. S'ils n'ont pu trouver mieux et plus sûr, c'est qu'ils sont en surnombre dans des métiers où l'offre est supérieure à la demande solvable." Pour lui, "les auto-entrepreneurs ne sont pas forcément bien armés pour se développer. Sans appui, sans amis, sans soutien institutionnel apportant cautions, prescriptions et contacts, sans organisation professionnelle défendant le tarif et limitant les sureffectifs, l'auto-entrepreneuriat est un mythe dangereux, un miroir aux alouettes. L'accompagnement est très difficile, surtout pour le développement commercial." L'accompagnement des auto-entrepreneurs devra être le défi à relever pour l'année 2010, estime M. Hurel. Maria Nowak, présidente fondatrice de l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE), qui a accordé 14 600 microcrédits en 2009 à des chômeurs, des allocataires de minima sociaux et des travailleurs pauvres pour créer leur activité, défend ce qu'elle appelle une "alternative positive". "Il faut arrêter de croire que le salariat va se développer sans création d'entreprises...", dit-elle. Parmi les entreprises qu'elle finance, un tiers se développe assez pour embaucher. "Huit millions de personnes en situation de précarité vivent en France et il faut les aider à s'en sortir. Elles ne peuvent pas se loger et se nourrir avec les seuls revenus sociaux, si bien que nombre d'entre elles se débrouillent en faisant des petits boulots", indique Mme Nowak. "Au niveau européen, de 11 % à 15 % du produit intérieur brut, selon les pays, sont réalisés par le secteur informel : c'est ce qu'on peut estimer en comparant la consommation à la production déclarée... Est-ce qu'on n'a pas intérêt à ce que ces travailleurs officialisent leur activité, ce qui leur permettrait de la développer et de contribuer à la protection sociale ?", interpelle la présidente de l'ADIE. Le statut d'auto-entrepreneur est un premier pas dans cette direction : "En 2009, les auto-entrepreneurs ont généré 200 millions d'euros de rentrées fiscales et sociales", a affirmé M. Novelli le 21 janvier. Sans ce statut, le même nombre d'entreprises individuelles aurait certes généré 480 millions d'euros de cotisations sociales. Mais, si ce statut a permis de blanchir une part de l'économie grise, l'Etat est largement bénéficiaire. Encore faut-il ne pas trop en demander à des "entrepreneurs", aux moyens limités, qui cherchent à se glisser dans les interstices des marchés, à développer des services peu coûteux. "Beaucoup d'emplois créés par des personnes en situation précaire le sont dans le secteur de l'économie locale ou liés aux nouvelles technologies : il faut bien, par exemple, que quelqu'un transporte ou produise ce qui se vend sur Internet. Le commerce, c'est une question de relation avec les autres, pas de capacité technique. Un quart de nos clients savent à peine lire et écrire et pourtant ils entreprennent et réussissent aussi bien que les autres, même si ce n'est pas dans les mêmes créneaux !", explique Mme Nowak. La crise frappe d'ailleurs durement ces petits entrepreneurs, notamment les commerçants ambulants (sur les marchés, à domicile, etc.), si bien que l'ADIE teste des projets de nouvelles activités de services, qu'elle voudrait proposer "clés en mains" sous la forme de "microfranchises solidaires", avec un accompagnement et un crédit. Source : Le Monde Merci pour cette lecture, et à bientôt pour une prochaine Newsletter.
Maestris Sup
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