08/02/2008 

Ecole d'Optique de Grenoble Newsletter n°1

Edito
Première d’une longue série, la Newsletter ‘Ecole d'Optique de Grenoble’ est arrivée.
Elle permet de vous informer sur la vie de l’Ecole, les événements passés et à venir. Elle est aussi le lieu privilégié d’échange d’informations professionnelles et scolaires par le biais de dossiers thématiques.
Cette newsletter sera diffusée une fois par mois à tous les abonnés.
Bonne lecture !


Quoi de neuf dans notre Ecole ?
L’école d’optique de Grenoble a été retenue par le Rectorat comme centre d’examen pour le BEP OL 2008 pour les épreuves pratiques devant commencer début juin.


Zoom sur le métier de... Opticien Lunetier
Le jeune diplômé du Brevet de Technicien Supérieur d’Opticien lunetier peut être recruté, en tant que salarié :
- et, travailler en magasin comme assistant d’opticien, responsable technique, voire gérant, ...
ou
- être chef d’entreprise en créant son ou ses propres points de ventes, racheter un fonds de commerce.

L’opticien est avant tout un technicien précis et rigoureux. Il est aussi un commerçant qui doit posséder une bonne qualité d’écoute.
Il doit être capable, en déterminant les besoins visuels de son client,  de réaliser un examen de vue pour lui donner une vision nette et confortable.
Il doit,  au mieux des intérêts de son client, le guider, le conseiller dans le choix de la monture et des verres pour exécuter l’équipement et, au final, en vérifier l’exactitude et en assurer le suivi.
Enfin, s’il est à son compte, il doit avoir de bonnes compétences en gestion et en comptabilité.


Retour sur nos Actualités
Les étudiants en optique ont pu rencontrer de nombreux professionnels et experts ces derniers temps :
- Conférence sur les verres photochromiques par Transitions Optical
- La Générale d’Optique : le marché français
- AO Sola Zeiss : les verres solaires, les traitements des verres


Le Dossier du mois
Les lunettes à travers les temps

Aristote évoqua les problèmes de vision, principalement la myopie et la presbytie, dans son livre Problemata, mais ce n'est que bien longtemps après qu'on put véritablement 'inventer' les lunettes. C'est cette longue histoire que nous allons évoquer brièvement.

A Ninive Sir Henry Layard trouva les plus anciennes lentilles en usage en 4000 ans avant JC. Quel usage ? On pense qu'on se servait de ces pierres transparentes convexes, du cristal de roche, pour faire converger la lumière du soleil sur des points et donc brûler la zone visée. Ces 'pierres à brûler' ont été décrites par la suite par Aristophane (257-180 avant JC) pour faire des trous dans les parchemins ou effacer des tablettes. Aucune action réfractive n'est évoquée.

C'est Pline qui rapporte que Néron regardait les combats de gladiateurs au travers d'une émeraude. Beaucoup de textes se demandent pourquoi; s'en servait-il comme protection, ou pour mieux voir...nul ne le sait.

Sénèque décrit aussi l'utilisation de globes remplis d'eau qui permettaient de grossir l'image des textes.

Euclide (280 avant JC) étudia le pouvoir optique de différents éléments, mais on attribue généralement au scientifique arabe Alhazen la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre Opticae Thesaurus, il décrit les différentes formes de lentilles.

Roger Bacon (1214-1294) reprit ces travaux et continua à étudier la réfraction à travers verre et cristal de roche. Cet aristocrate dévoua sa vie à la Science et à la Connaissance. Après un doctorat en théologie il étudia les langues, les mathématiques et la physique. Il étudia à Oxford et à l'Université de Paris, avant de devenir moine.Il demandait des réformes dans les sciences et l'Eglise, ce qui lui vallut la prison en 1257 à Paris, et entre 1278 et 1292. Il mourut peu après, mais avait oeuvré pour l'usage des sciences expérimentales.

Quel fut l'inventeur des lunettes ? On ne le sait pas vraiment, mais on sait qu'elles apparurent d'abord en Italie, à la fin du XIIIème siècle. Avant cette période et pendant l'Antiquité, on conseillait juste l'application de pommades et de collyres pour éviter les troubles de la vision.

Dans un traité nommé Traité de Conduite de la Famille, Sandro di Popozo écrit en 1299 :"Je suis si altéré par l'âge, que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serais plus capable de lire ou d'écrire. Elles ont été inventées récemment pour le bénéfice des pauvres gens âgés dont la vue est devenue mauvaise". C'est Francesco Redi (1626-1694), professeur de médecine à Pise (Italie) qui rapporte ce document.

Un dominicain italien appelé Allesandro Spina, mort en 1313,a fabriqué des lunettes qu'il distribuait autour de lui. Un inconnu lui apprit ce qu'étaient les lunettes, et il diffusa son savoir de fabrication à tous ceux qui s'y intéressaient. Il est décrit comme quelqu'un au grand coeur, toujours prêt à aider les autres.

Donc il semble que différents italiens inventèrent les lunettes...

Des discussions se sont engagées pour savoir si la Chine avait utilisé les lunettes avant ces dates, mais aucun document ne l'évoque, pas même les récits de Marco Polo.

Le français Bernard Gordon, professeur de chirurgie à Montpellier, parle des lunettes dans son livre en latin, écrit en juillet 1305 : Lilium Medicinae : Il conseillait un collyre "...qui rend la lecture des petites lettres de nouveau possible pour les gens âgés, sans qu'ils aient besoin d'utiliser des lunettes".

Guy de Chauliac (1298-1368), toujours à Montpellier, évoqua, dans son livre Chirurgia Magna de 1363, différents médicaments contre la mauvaise vision mais ajoute :"Si cela ne marche pas, il faudra que le patient utilise des lunettes".

Le français Pansier cite les poèmes français du XVème siècle, comme la balade de Charles d'Orléans (1391-1463) : "Et maintenant que je deviens vieux, j'utilise des lunettes pour lire. Elles grossissent les lettres..."

On peut considérer qu'une des premières reproduction de lunettes dans une peinture, est due à Tommaso da Modena.

En fait c'était surtout les moines qui utilisaient les lunettes pour recopier les manuscrits, jusqu'à ce que Gutemberg (1397-1468) inventât l'imprimerie. L'explosion de la production des livres s'accompagna d'une demande importante de lunettes. Au début il n'y avait qu'un verre que l'on mettait devant un oeil, que les anglais appelaient 'spectacle'.

Par la suite on monta les verres sur le nez, ce qu'on appelait un 'pince-nez'. L'inconfort fit naître le 'face-à-main', qui permettait de tenir avec une tige les deux verres devant les yeux.

Une des belles anciennes représentations des lunettes est le tableau, daté de 1436, de Jan van Eyk : " La Madonne du chanoine van der Paele".

Au XIIIème et XIVème siècles les verres étaient fabriqués avec du béryl, une pierre transparente teintée, ou bien de quartz, et à partir des années 1300 on utilisa du verre de Venise.

Par la suite, les travaux de l'italien Giambattista della Porta (1535-1615) décrivit diverses expériences d'optique. Johannes Kepler fut en 1611, avec son ouvrage Dioptrice le véritable fondateur de la dioptrique actuelle et le savant qui expliqua la marche des rayons lumineux au sein des matériaux, la réfraction et la réflexion de la lumière.

Ce n'est que vers 1728 qu'on vit apparaître les montures, et seulement à la fin du XVIIIème siècle qu'on imagina de les faire tenir derrière les oreilles.

Au XIIIème et XIVème siècles on ne proposait que des lentilles biconvexes, pour corriger la presbytie. Il fallut attendre le XVème siècle pour voir des lunettes corrigeant la myopie, donc avec des verres concaves. Le premier texte qui parle des verres concaves nécessaire pour corriger la myopie, en 1440, est la description du Cardinal Nicolas de Cuse (1401-1464) dans l'ouvrage De Beryllo.

Raphael peignit le pape Léon X avec ses lunettes de myopie.

Le mot français bésicle a comme origine le mot béricle qui est une déviation de beryllus.

On assista petit à petit à une diffusion encore plus importante des lunettes qu'on retrouve sur de nombreux tableaux.

En 1645 Jacques Bourgeois (1618-1701), à Paris, améliora les verres de lunettes en imaginant des verres qui étaient concaves du côté de l'oeil et convexe de l'autre côté. Cela diminua les aberrations gênantes sur les verres habituels.

Thomas Young compris ce qu'était l'astigmatisme et l'écrivit en 1807 dans son livre :Lecture on optical Instruments. Les lunettes corrigeant l'astigmatisme n'existèrent donc qu'à partir du XIXème siècle (verres cylindriques). L'astigmatisme fut mesuré par la suite par Louis Emile Javal (1839-1907) qui inventa l'appareil que l'on nomme encore de nos jours "le javal".

Helmholtz en 1855 expliqua l'accommodation par une contraction du muscle ciliaire et un relâchement de la zonule de Zinn, ce qui modifiait la courbure du cristallin.

A partir de là on vit Frans Cornelis Donders expliquer l'ensemble de la dioptrique dans On the anomalies of accommodation and Refraction of the Eye (1864).

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'invention des verres double foyer; on l'attribue souvent à Benjamin Franklin, mais sans certitude. Ce n'est que récemment qu'on introduisit les verres progressifs que beaucoup de jeunes presbytes connaissent.


Cap sur l’international
Le Groupe IFSP approfondit ses liens avec la Chine, Denis Dumont, Directeur Opérationnel du Groupe part à la rencontre de nos interlocuteurs chinois début mars 2008. Affaire à suivre...

 

Merci pour cette lecture, et à bientôt pour une prochaine Newsletter.

Ecole d'Optique de Grenoble

 

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08-02-2008